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« Et ses itinéraires seront nombreux, et qui saura dire son nom, car il naîtra parmi nous maintes fois, sous bien des apparences, ainsi qu’il est né et renaîtra à jamais dans les siècles des siècles. Tel le soc tranchant de la charrue, sa venue retournera nos vies dans des sillons autres que ceux où nous gisons dans notre silence. Briseur de liens, forgeur de chaînes. Créateur d’avenirs, manipulateur du destin. »
« Commentaires sur les Prophéties du Dragon, par Jurith Dorine, Main Droite de la Reine d’Almoren », Préface de Jeux des Ténèbres, Robert Jordan
I’m back. Fini les 36°C, terminé le soleil resplendissant, déchue la piscine des matinées insoutenables, mis à bas la partie de tarot de routine l’après-midi. Il faut affronter le vent et la tempête, l’ouragan et la pluie, le vent tonitruant qui vient mugir dans les arbres branlants. Il a un peu plu hier, oui. Toutefois, cette soirée était reposante et m’a permis de mettre de côté les quelques petits soucis de la vie de tous les jours. Je ne sais plus sur quel pied danser avec J., semblant faire une erreur dès que j’ouvre la bouche. Malheur à toi. Sic. Là-Haut est un petit chef-d’œuvre. Larmoyant dans le premier quart d’heure, peinant, touchant, on finit par se lier aux personnages, les apprécier, découvrir des facettes inconnues. On se laisse porter par la musique et les ballons multicolores de la maison d’Ellie. Une promenade dans les airs pour vous changer les idées ? Rand, Thom et Elayne attendront bien un pt’it peu…
Il fallait parler de cela. Parler de la mer, de la bise marine qui chaque matin venait soulever les branches effeuillées du murier-platane périssant et des palmiers bordant la route goudronnée qui dévalait la petite colline. Ce même vent qui venait souffler dans mes cheveux lorsqu’aux aurores tardives, je m’en allais chercher le pain. Et ces accalmies matinales qui faisaient fleurir sur les eaux calmes de la piscine des ondées impressionnantes et effrayantes dont on aurait cru voir s’évader quelques monstres des profondeurs abyssales. L’imagination d’un adolescent est toujours débordante. N’est ce pas ? Il fallait parler de ceci, de cela, des gens qui vous regardaient de haut, de ceux qui soulevaient leurs chapeaux pour vous saluer, de ceux qui vous évaluaient en lissant moustaches et barbes, de ceux qui jetaient leurs cheveux au vent, ou de ceux qui détournaient le regard pour murmurer dans votre dos. Oublions ceux qui, négligemment, laissaient échapper un petit rire décontenancé par la coupe de cheveux emmêlés ou trébuchaient s’égarant dans les contorsions de la route caillouteuse.
Il fallait en parler et se souvenir. Se remémorer les sourires de J., d’E., de C., de M., de G., des autres. De tous ceux qui vous lançaient sourires ou clins d’yeux, de ceux qui s’élançaient dans les eaux glacées avec des rires à faire pâlir un homme déprimé, de ceux qui courraient poursuivis par des surveillants, sirotaient un soda ou un cocktail à une terrasse, de ceux qui dansaient frénétiquement, vous invitaient à partager ces slows, valses, chachacha, de ceux qui étaient là tous les soirs, de ceux qui chantaient, hurlaient, criaient, persévéraient dans l’erreur. Souvenons nous avec sympathie de ceux qui étaient pendus au téléphone, de ceux qui s’embrassaient puis se disputaient, de ceux qui se portaient mutuellement en courant, de ceux qui passaient leur vie adossés à une table de ping-pong, de ceux que l’on voyait de loin, de ceux qui dormaient par terre, de ceux qui vous parlaient en Allemagne, en Anglais, en Polonais, en Russe. C’est aussi ça les vacances.
Alors dans un dernier murmure, rappelons-nous des soirées, du cinéma, des senteurs maritimes et portuaires, des combats navals observés du haut d’un pont, des tours élancées, des forteresses imprenables, des promenades sur le sentier des douaniers, des rues à n’en pas finir, des glaces surmontées de chantilly, des statuettes et figurines, des perroquets et des chats, des bousculades et des câlins, des soirées sms, des appels tardifs, des cartes postales, des adresses, du flot impétueux, des baignades nocturnes, du golf, du tennis, de la course… Souviens-toi qu’il existe des rêves lointains auxquels seuls accèdent ceux qui savent espérer et attendre. Car rien n’est plus près du cœur que ce qu’on y enfouit profondément en espérant l’y retrouver et l’y garder à jamais.
Les mots s’envolent et viennent crever les nuages. Les yeux brillent et pétillent. Pour ce retour, désormais assuré, je voulais sacraliser l’instant par quelques photos qui mieux que ma parole et vos imaginations sauront représenter l’idylle paradisiaque de vacances dans le Sud. Bien à vous chers lecteurs et chères lectrices…
Hier, je fus fou.
J’ai appris que : j’étais Creep, un vilain gothique mangeur de chèvres qui sacrifiait des profs de Français à la peine lune, un pro’ des chansons Sixties, je survivrai à une attaque d’écureuils mutants. Et puis, comme ce n’était pas tout : je suis l’antithèse de la virtuosité de Sid, je suis le sage Maître Yoda, je suis fait pour Paris et pour Lyon, mon degré de folie est d’une extrémité très très gravissime. Je suis un super roupilleur.
Marchombres dans l’âme. Je n’ai plus vraiment envie de partir. Tant de personnes vont me manquer. J., P., Pomme et Pêche, C. et Ch., Hitch’, Aena, Nalia, S., Yara, Elenwë, Elenya et Szyra. Et il y aura A .,L. et tant d’autres. J’ai envie d’écrire, la prose c’est joli, vous savez ? Finalement, peut-être que mes prochaines nuits étoilées s’essayeront à cela. Contempler la Couronne boréale est d’une majesté. J’en mangerai mon carnet de poèmes.
Il faut que je termine mes lettres…
Un point sur l’actualité Peoples tout d’abord, messieurs dames. A. et L. profitent des premiers jours de vacances. Oh excuse moi, on me prévient à l’instant qu’un projet de reconquête du mois de Juin prolongerait leurs cours jusqu’au 2 Juillet. Parfait, en même temps que mon oral. C. « n’est pas là », J. ne m’a pas parlé depuis plusieurs jours. P. poursuit les cours jusqu’à Jeudi, D. est devenue muette. M. me fait rire et j’aime sa compagnie, J. semble se noyer sous un flot de révisions. Je n’ai pas eu de nouvelles de S. depuis près de deux semaines, je l’appellerai cet après-midi. Sonnez trompettes, tambours. Sonnez.
Un coup d’œil sur l’actualité éducative. Concert n°1 passé avec brio. Standing Ovation finale. Promenade semi-nocturne. Sciences Po’ qui se précise, des livres qu’il faudrait songer à acheter, des projets post-baccalauréat, des rêves, des souvenirs. Des révisions qu’il faudra bien commencer un jour. A. prime, c’est le premier à m’en parler, même si C. en fait depusi quelques semaines déjà avec ses adorables parents (xD). Les pauvres..
Il est 12h59. Je suis levé depuis presque 45 minutes. Vilain Geek. Osef…
C’est niais, n’est ce pas ? Puéril même pourrait s’amuser à dire certains, mais c’est un état d’esprit. Je n’ai envie de faire plus d’efforts et comme je l’ai dit à A. hier : « Il est temps que les choses changent et que les vacances arrivent ». Heureux de voir que certaines idées sont acceptées par tous. R. avait des soucis avec sa dissertation et ce sont sûrement F. et E. qui ont raison : je devrais être prof’. J’ai récupéré mon vieil ordi à propos. Passer de 22’’ à 15’’ est une vision effroyable et démoniaque de l’ordinateur. A éviter pour les âmes sensibles. J’ai préparé mon planning comme tous les Week-end devant mon bol de café, avec en supplément gratuit (Le panneau indicateur n'était pas frappé d'un dollar ! xD) J. qui dès l’aurore s’amusait à tuer des chevaliers sur un étrange jeu dont le nom ne me dit rien. Vous voulez jeter un œil ?
Mardi :
- Ds d’Allemand (Internet/No-life) ;
- Ds de mathématiques (Limites) & Exercices ;
- Questionnaire sur les propriétés et caractéristiques de l’avant-propos ;
- Dissertation sur la place du personnage de roman dans la société contemporaine ;
- Bonus mathématiques.
Mercredi :
- Ds d’histoire (L’Europe d’entre deux guerres, les totalitarismes) ;
- Ds d’Allemand Européen (HügelnDaches)
Jeudi :
- Ds d’Anglais (Grammaire, pronoms relatifs, les prépositions).
- Bonus marche pédestre.
Vendredi :
- Ds de biologie (Apex, plantes, milieux, mitose).
Vous aussi ? Fantastique. Je viens d’allumer mon
portable. L. est rentrée. A. aussi sûrement. S. ne reviendra pas. P. doit s’amuser
avec ses amies. J. profite de ses dernières journées de cours pour sacraliser
ses TP et J., J. n’appellera plus. C’est comme ça. Il est tôt et je pianote
déjà. Je vais faire une pause. Dans douze jours, ça sera le début des vacances. Youpee.
Pif Paf. Un dernier pour la route, l’envie de rédiger où de laisser ma plume glisser sur le papier me rongera dans quelques jours. Peu d’activité ces derniers temps. Encore, encore cette même incompréhension. Folie, aliénation. En parler avec E. hier soir m’a fait sourire, la voilà rassurée. C’est drôle de se dire que d’autres personnes vivent dans la même situation et s’en sortent. C’est étrange. Je devrais peut-être crever le peu d’égo qu’il me reste. Tout s’accélère, J. revient ce soir (Enfin =D), M. est parti ce matin, L. partira demain. Il faudrait que j’appelle J. ou C. pour avoir des nouvelles. Demain, c’est le grand départ. Le grand saut. Tu ne le comprends pas, c’est pourtant comme ça. Je suis triste quand tu n’es pas là.
Je gribouille, finis mes bagages, charge mon I-pod et tente d’établir un programme. Tout ira très vite, puis il faudra repartir, reprendre un rythme et travailler à nouveau. Peut-être que tu viendras en Mai, peut-être. Mon esprit s’embrouille d’espoirs, mais je ne me souviens que trop bien la dernière fois où j’y ai cru, où on y a cru. Le mois du Muguet se rapproche avec toujours plus d’entrain, augurant toujours plus de pauses et de micro-vacances. Lace tes chaussures, « la route nous attend. »
On the road again…
Après quatre jours d’hibernation, où comme l’a si bien dit A : « Nous avons tous un ours caché en nous. », on reprend la barre du voilier, sur le ponton d’un bâtiment poussé par les vents rigoureux de la fin de l’hiver ! Ainsi, l’âme encore joyeuse de ces rencontres fortuites mais extraordinaires, de ces discours appuyés sur l’importance de l’Allemand dans la construction de l’Union Européenne, de ces débats insensés sur l’Oulipo ou Georges Perrec et par le biais de l’omniprésence des « e » dans nos conversations, ils sont partout… Ils nous observent depuis si longtemps ! Oh que oui, cette soirée avait quelques brins de bonne humeur qui ont su raviver la flamme du foyer. Le feu crépite à nouveau, ronronnant dans l’âtre sombre.
Une semaine grandiloquente, qui ne tarit pas d’éloges, puisqu’après un lundi théâtral aux rires avinés et aux débauches zigzagantes, un à un les jours de la semaine se sont présentés avec les mêmes vêtements. « Grève et blocus ! » hurlaient-ils tous à l’unisson, brandissant caddies ou palettes de bois. « Allumez torches, brandissez fourches ! » aurait peut-être répondu d’une manière plus ou moins poétique un ogre vert, mais pour les lycéens de toute classe, il était évident que le chemin du retour pointait son nez, au bout de la route. Et une fois n’est pas coutume, mardi devient mercredi et mercredi devient jeudi. J. décide parler de politique, de proposer aux collégiens de faire grève à notre place, H. préfère rester au lit et F. et R. partent jouer à la Playstation toute la journée.
« Vous verrez ça sera très dur la 1ère S ! »
Un constat ? C’est également dans cet instant que l’on décèle les plus fous, ceux que la raison pour à mentir pour allez en cours, mais ne faisons pas de délation (E.D. devrait-elle se sentir visée ?) ou ceux qui prennent les cours à la carte, comme au restaurant. Foie gras pour moi, s’il vous plait, c’est repas de Noël jeudi. Bien sûr, personne n’a manqué l’admirable lettre, ou comme dirait C. l’incroyable missive qui, de la première fois de notre vie insouciante, nous proposait de ne pas aller à l’école. Et vous savez le meilleur dans tout cela ? C’était un courrier administratif du lycée ! (xD). Vendredi, quant à lui, s’est profilé comme un 0,9 % de présents, timide et restreint. Ils sont fous ces Mendèsiens.
On a donc joué à Tomb Raider, fait moult fois le trajet matinal, marché encore et encore, de la piscine au lycée, d’un lycée à l’autre, traversant les ponts comme en ce samedi de voyage, lors de notre arrivée à SHA ! On a pris la pluie, mais on a revu de vieux amis, on a parlé des chars rouges de 81, des vacances qui approchait, de la hausse du prix des cartes de Noël, de l’économie américaine, des publicités pour les Volvos – Qui ressemble aux publicités pour Bonux -, on a critiqué la presse et la télévision, la chanson française et le sport, on a mangé un délicieux saumon et admiré les beaux sapins, chargés de guirlandes et boules multicolores.
On a reçu des diplômes et des félicitations, souhaité plusieurs fois « un Joyeux Noël et une bonne année ! », on a sautillé devant tant de regards et rougi devant de si frêles baisers, on s’est mis à devenir nostalgique et on a écrit en Allemagne, on s’est concerté pour un éventuel retour et on a songé à tout avouer. On a fait d’agréables connaissances et on a imaginé ce que serait l’année prochaine, avant de refuser d’y penser. On a pérennisé l’idée d’une faculté franco-allemande et dressé ce vulgaire bout de papier, on a conté encore une fois les déboires du château de Nürnberg et on a songé à la fête de samedi ! C’est que... Maintenant que les vacances sont là, il faudra bien les occuper !
Et alors que 9h00 sonnaient à peine, voilà qu’un grand Poum nous a réveillé. On a du –tant bien que mal- se lever et déjeuner, préparer la salle, les chaises et les tables, organiser les affaires et acheter les dernières victuailles. A ce propos, le port de sac de pain sur 500m devrait devenir une discipline olympique ! C’est que ça muscle =D ! On a donc coupé, tartiné, beurré, débouché, ouvert, grogné, toussé, renversé, agité, scotché, punaisé, agrafé, plié... On a posé les manteaux et fait le butler, on s’est distingué et on a discuté, on a évoqué les années jeunesses, on a dessiné, servi, grignoté, on a proposé encore et encore les mêmes gâteaux qui ne partaient pas et on écouté des histoires qui nous ressemblaient, des épopées fantastiques qui nous ont fait sourire ou des souvenirs burlesques qu’on a assimilé aux grands classiques du cinéma français !
« Mais P. a joué dans la Grande Vadrouille ? » xD
Et fort de cette nouvelle bonne humeur, on a grignoté une seconde fois, dit au revoir à tout le monde, décidé de redonner un autre jour au CCCP, chantonné, écrit, rangé, regardé son portable dans la vaine attente d'une réponse et on s'est reposé. Après tout ce temps, retrouver l’encre de la plume de Vox était l’auréole d’une si courte journée !
* Tarentulla - Tchaïkovsky *