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Demain c’est la rentrée. « Vivement l’an prochain qu’on profite d’une semi et demi de vacances en plus ! ». Je suis amoureux et heureux. J’écoute Try To Remember de Marvin Gaye et j’en souris, j’en ris, je saute de joie. Je disserte sur les mains tendues, les baisers. Je parle de Quasimodo, de Frollo et d’Esméralda, des misères de notre temps, de Ronsard et du Paris tragique plein de cœurs brisés et d’épée enflammées. Ou l’inverse ? Je repense à Du Bellay qui de loin se moque de la mélancolie de ses poèmes, songe à l’Italie et aux faveurs de la théogonie antique. J’ai fait mon sac, pensé à toutes les affaires.
J’ai eu mon code ! Si, si. Pour de bon cette fois !
J’envoie mes pensées vers J. qui emménageait, vers A. qui jongle, vers L. qui barbotte dans l’eau, vers S. qui doit elle aussi réfléchir à son avenir. Je réfléchis à l’accueil de F., mon cœur bat de ses blanches ailes d’archanges pour rejoindre les étoiles où brillent sereins ton visage et tes yeux dorés. J’écoute des slows, je songe à des dispositions d’appartement et je poétise. Comme j’aime la poésie, le reflet scintillant de ton sourire sur le miroir de l’eau.
« Les fleurs du printemps sont
les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges. »
C’est un pt’it brin de mélodie qui vient d’ici jusqu’à Paris. The Hair of The Dog. Longue journée, éreintante, acablante, crevante, destructrice, esclavageante. La taylorisation du travail de jardinage. Le saviez-vous ? La suprématie parentale est en quelque sorte l’énième totalitarisme du XXe siècle, une invention visant à asservir l’Homme face à des ordres, des choix, des décisions. Révoltons-nous ? Prenons le pouvoir ? Accaparons-nous la puissance, la volonté, la force. Sic. « Et puis quoi encore ? Allez hop, au lit ». Ainsi s’achève dans un bain de sang les derniers soubresauts de la bête muselée, enchaînée sur ce sol qui s’imprègne de son sang. Jamais nous ne t’oublierons courageux animal qui a sû prouver ta valeur et tes convictions. Ou pas. D’ailleurs, fort à propos, le concert de ce soir était un tant soit peu polémique, voire politique. Entre Puck et son irish flag et Lasdream et ses paroles antimiltaristes, on aurait pu croire à un rassemblement de Hippies dépravés, avachis dans des fauteuils de bois, sous uen pluie battante, sous le coup de l’ivresse des Irish Coffe. On a eu tellement de chance que je voudrais bien un de ces pt’its trèfles verts.
« For Peter, Grosses Bizzz ! ». Merci amis. The long road will speedly come. En route donc, pour la reconstruction, le paysagisme, le toit à réparer, les dalles à frotter, laver, dépoussiérer, les carreaux à changer, les rampes à polir, les marches à reconstruire, les poutres à ré-étayer. Owii, ce mois-ci sera un apprentissage au bricolage. Et la route qui tourne, tourne, tourne. Mon manège à moi, c’est toi, tu sais ? Tu me manques. Je voudrais une ballade au clair de lune, une dernière sdanse, un slow endiablé au rythme du saxophone, un nouvel ordinateur, un ciel plein d’étoiles, un pt’it chien, un pub irlandais, un nouvelle souris, un sourire, un voyage, un bateau, un avion, un nuage et des étoiles… Je voudrais aimer.
Un point sur l’actualité Peoples tout d’abord, messieurs dames. A. et L. profitent des premiers jours de vacances. Oh excuse moi, on me prévient à l’instant qu’un projet de reconquête du mois de Juin prolongerait leurs cours jusqu’au 2 Juillet. Parfait, en même temps que mon oral. C. « n’est pas là », J. ne m’a pas parlé depuis plusieurs jours. P. poursuit les cours jusqu’à Jeudi, D. est devenue muette. M. me fait rire et j’aime sa compagnie, J. semble se noyer sous un flot de révisions. Je n’ai pas eu de nouvelles de S. depuis près de deux semaines, je l’appellerai cet après-midi. Sonnez trompettes, tambours. Sonnez.
Un coup d’œil sur l’actualité éducative. Concert n°1 passé avec brio. Standing Ovation finale. Promenade semi-nocturne. Sciences Po’ qui se précise, des livres qu’il faudrait songer à acheter, des projets post-baccalauréat, des rêves, des souvenirs. Des révisions qu’il faudra bien commencer un jour. A. prime, c’est le premier à m’en parler, même si C. en fait depusi quelques semaines déjà avec ses adorables parents (xD). Les pauvres..
Il est 12h59. Je suis levé depuis presque 45 minutes. Vilain Geek. Osef…
« Et l'Ombre tomba sur la Terre, et le Monde éclata pierre par pierre. Les océans sortirent de leurs rivages, les montagnes furent englouties et les nations éparpillées aux huit coins du Monde. La lune était comme le sang, et le soleil était comme de la cendre. Les mers bouillonnèrent et les vivants envièrent les morts. Tout fut fracassé, et tout perdu sauf le souvenir, et un souvenir par-dessus tous les autres – le souvenir de celui qui provoqua la venue de l'Ombre et la destruction du Monde. Et celui-là on le nomma Dragon. »
La Roue du Temps, Robert Jordan
Why you act crazy…
Retour. Je n’avais pas envie de l’abandonner comme ça. Je m’attache sûrement trop aux choses. Je n’arrive plus à m’en débarrasser. Oublier. Voilà ce que je ne sais pas, ou plutôt plus, faire. Je pourrais trouver des dizaines d’excuses, des réquisitoires entiers à écrire et réécrire sur cette surprenante et irrépressible envie d’un jour tout laisser, mais de ne parvenir qu’à détourner le regard un petit moment. Tu me manques tant. Je n’ose rêver de l’impossible, songer à ce qui aurait pu être. Quelques jours loin de tout m’ont fait du bien, même si ce n’était qu’un interlude. Tout recommencera encore et encore. Sans fin, sans conclusion...
Envie de reprendre. Je lie tout à Elle. Est-ce mal ? Tant pis si c’est le cas. Parce que je ne partirai pas. Ce sera peut-être le dernier souffle d’une bête moribonde, les derniers soubresauts d’un poisson sorti de l’eau ou le dernier piaillement d’un oiseau cloué au sol, mais ce sera un adieu noble. Regard perdu dans une contemplation invisible. Soupirs. Mes yeux sont devenus gris. Tu le savais déjà, n’est ce pas…
C’était un lundi particulier. L’achèvement d’une lutte interminable à propos des TPE qui s’est soldée par un flop total pour certains, une grandiose réussite pour d’autres, le choc d’un détecteur de mensonge marchant, l’enivrante senteur des parfums venant titiller nos narines et bien sûr, le désormais légendaire sel des océans jouant des siennes, se cachant sous les rifs, d’une diapositive à l’autre, virevoltant au grès des explications plus ou moins obscures de Premières S tourmentés dès lors que le mot salinisation fait son apparition. Boarf. C’était pas si mal que cela, même si je risque de retenir un moment la définition de pression radioactive et celle de rayonnement électromagnétique. Encore la faute des oxydoréductions. Les vilaines. Et le moment angulaire dans tout ça ? Je crois qu’il roupille dans un coin.
Bien évidemment, la journée ne se limitait pas à cela et après les promenades en cours de mathématiques, les aller-venues d’Hollandais(es) étonné(e)s et intrigué(e)s, le récit d’élèves encore éblouis par l’Espagne et les gargouillements de ventre affamés. Voyage au centre de la terre, au royaume des péridotites fondues et des expériences ratées. Envolée sauvage pour le pays des données magiques et rocambolesques, ou les livres papillonnent et ou les stylos décollent. Glups. Le beurre est fondu. On tourne à droite, puis à gauche, le bâtiment de chimie apparaît sur l’horizon. Je relis les sms de J., L. et C., encore un petit coup de colorimétrie ? On y retourne, combat de pissettes d’eau distillée, on quitte la pipette graduée des yeux un instant et voilà que le BBT devient vert. Misère, misère. J’entame un élevage de polycopiés. Calcul du nombre de moles de vendredi de cours restants d’ici la fin de l’année. Ici Normandie, là Cannes, là Hollande. Et ici ? Oh, c’est férié.
Carte de S., lue en rentrant. D’Ecosse ! Session clarinette, chantez, chantez grand-mère. Gammes mélodiques, pentatoniques, de do au fa, en passant par les dièses et les bémols. Ce soir, il faudra encore préparer le pique-nique, le sac-à-dos et raconter de nombreuses fois l’épopée des TPE. Sans transition météo, un terrible orage se déchaîne sur le Pays des Ombres inconnues. A Ciao, bonsoir. Bonne nuit.
Loi de Murphy
« S'il y a plus d'une façon de faire une chose, et que l'un d'elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu'un pour le faire de cette façon. »
Que dire… De retour ? =D
Samstag :
Sitôt les bagages défaites, voilà qu’on se rue dans un Schwäbisch-Hall glacial aux rues bondées et aux magasins ouvertes… très tard =D. Après un délicieux cocktail Cerise – Chantilly, nous voilà donc en escapade d’un pont à l’autre d’un clocher au supermarché et d’un café à l’autre. L’expresso, troisième du nom terminé, on monte dans une des voitures-taxi typiques de la Franken et on s’envole vers les sommets enneigés de Wolperthausen !
* Miss Sarajevo – U2 & Luciano Pavarotti *
Sonntag :
Levé aux aurores, par le chant du coq allemand, on parle politique, crise économique ou mondiale, on tergiverse sur le problème grec, le prix de la viande, les grands parents, les enfants, le passé, l’avenir, les voyages et les souvenirs… Et tout ça en allemand ! Fort de cette nouvelle force et volonté de pousser notre Verbesserung au dialecte local, on se jette sur les Bretzel du petit-déjeuner et on se prépare à la grande évasion, direction Rothenburg.
La ville des 365 (Ou 366 =D) Noëls m’a donc ouvert ses portes et lumières, rennes, Père Noël et autres symboles des fêtes de fin d’année ont explosé à mon regard. Partout, les boules aux reflets miroitants, les sapins couverts de bougies et de guirlandes ou encore les calendriers de l’avant aux cadeaux plus ou moins amusants se propageaient tels une épidémie. Le Weihnachtmarkt n’était pas très grand, mais cela n’a pas empêché A. et R. de goûter aux sucreries amandées.
* Mistletoe and Wine – Cliff Richard *
Montag :
Sautillant sous les premiers flocons de neige, on part pour le lycée et les cours avec la 10c, on découvre que lire le journal en cours c’est distrayant, on fait des mots croisés, on dessine des cœurs avec le mot « Allemagne », on note les expressions amusantes pour désigner « cercle trigonométrique » ou encore « algorithme, polynôme et logarithme » ; on dessine des triangles de Pascal, on joue les loyalistes et on décide que John, c’est pas bien ! On grignote pendant les explications barbantes, on récite du Goethe et on écrit de l’Hugo, par cœur.
Quelques Brötchen plus loin, on prend un bus à la dernière minute, on retrouve l’église locale, les questionnaires sans fins et les plans illisibles sensés nous aider dans notre quête des lieux perdus de Swchäbisch ; on dessine un fantôme aux yeux globuleux (Ou de merlan pas fris selon l’envie ! xD), un poêle à salinière au toit très pentu et un château très schématisé. Essoufflé après l’escalade des marches plus hautes que larges, on va boire un chocolat chaud et discuter avant la photo de groupe à la marie. On boit du jus d’orange et on se moque des tics des grandes personnes ! Vilains, que nous sommes.
* Lonely This Christmas – Mud *
Dienstag :
Stuttgart, nous voici ! Places ensoleillées aux obélisques imposantes, palais ou tours multiples, marchés de Noël surpeuplés et aux odeurs enivrantes ou encore églises à la quiétude magistrale et aux orgues imposants, l’Allemagne recèle de facettes différentes. Après un petit pain d’épice et une courte visite de la galerie d’arts, on a découvert le Mac Do’ allemand et ses files prestigieuses et horriblement longues !
Que dire de l’après-midi, après les Schlumpf de Mulhausen, Daimler Benz paraît bien simplet, mais le musée regorgeait de petites merveilles comme ces vieux modèles de 1960 ou encore ces voitures de courses toutes d’argent. On écrit des lettres devant les regards amusés de F. et C. ; on se promène en écoutant les accents plus ou moins prononcés des patois régionaux. On a faim, encore et encore. Peut-être deviendra-t-on comme Mobs après tout. On se régale dès le repas du soir servi et on écoute en boucle les Rock Christmas de To’.
* Immigrant Song – Led Zep’ *
Mittwoch :
Hum… Atcha ! Il neige, encore et encore, et les routes ne sont pas déneigées. On demande crédulement si demain, il y aura autant de monde, car onze à table, ça devient très compliqué à comprendre, on prend ses aises, on goûte le gâteau Framboise – Chocolat et on laisse de grosses marques de pas dans la neige. On mange des clémentines et on jette des peaux partout. On s’endort pendant que d’autres baillent ou ronflent, l’histoire européenne réunit les Allemands et les Français autour d’une bonne nuit de sommeil à terminer (=P).
On écrit des mails après un rapide repas et on va visiter une exposition de mathématiques fantastiquement ennuyante. On se cache dans des bulles, on devient « cryptophile » et on organise une boom dans un carré de 4 m ². On multiplie les photos et on ne regrette de ne pas être là. On part écrire un article et on rit aux éclats. On rêve de Nürnberg et des Lebkuchen. On fait la moue devant l’émission des criminels et on se décide à abandonner le projet fou de cambrioler la Bausparkasse. Le Père Noël sera peut-être un peu moins gentil que prévu.
* Christmas Time – Band Aid *
Donnerstag :
Nürnberg. Ville millénaire au marché de Noël réputé gargantuesque. On y achète quelques souvenirs, écrivant une carte ou deux, on se demande ce qu’a pu titrer le Canard Gestern, on mange, on déguste les spécialités locales, on visite les églises, les places énormes et les châteaux enneigés, on pousse les portes impressionnantes et on pénètre dans le petit monde des jouets. On s’envole dans les cieux, déployant nos ailes. On en rêvait depuis si longtemps, qu’on peine à se rendre compte du petit nuage sur lequel on vit.
On veut retrouver les amis de 10c, parler encore et encore, voir plus de choses, accélérer la longue visite de la Tour des Sens et faire une bataille de boules de neige. Regoûter les Schneeballen ne serait d’ailleurs pas pour me déplaire. On se promène dans le train, on regrette déjà de se dire, que tout cela aura bientôt une fin. On voudrait pouvoir se faire tout petit et se cacher ici pour des années. Mais la raison nous rappelle et puis, on ne peut s’empêcher de penser à certaines personnes qui nous sont chères …
* Rockin’ Around The Christmas Tree – Mel & Kim *
Freitag :
Retour aux sources, on échange des adresses, on fait des contrôles d’histoire et on raconte une fois de plus l’histoire de l’infâme Raoul Coutard et du tableau volé, on dessine des smileys, on décide d’essayer de comprendre les maths et puis on se laisse emporter on dit n’importe quoi. On poste les dernières cartes et on demande à I. et S. si elles ont compris tout ce que leur prof de Français racontait. On s’en va, le cœur lourd, vers la cuisine et le repas de midi. On décide de tester le restaurant du lycée et on sourit lorsque J. tombe avec ses frites.
On refuse le sport et surtout le foot et on se complaît à cuisiner ! D’abord, na ! On déguste les petits cœurs ou les petites étoiles à la confiture d’orange et on aide N. et P. à en faire encore et encore. On se demande si les Maultaschen sont meilleurs ou non et on hésite à en emporter. Un moment de honte est vite passé. On met les mains à la pâte, bataillant avec la farine et les œufs, on rit avec Yoshi et on dit « Tchüss » à tous ceux qui ne seront pas là demain. On prépare la fête de ce soir. On se demande pourquoi ne pas en avoir fait une seule et puis on rit.
* I Won’t Be Home For Christmas – Blink 182 *
Samstag :
Quelques pleurs des deux côtés. Une petite partie à jamais laissée à SHA et en Frankren. Il sera très dur de reprendre le rythme lundi, mais on promet d’écrire et de revenir. On compte les heures, les minutes, on agence les cadeaux et on prépare les retrouvailles. On se demande si les étoiles brilleront dans le ciel ce soir. Si quelqu’un parlera de Schwarz Schnee ou si D. arrivera triomphant avec son jambon, si To’ et A. se chamailleront ou si C. s’affalera encore dans le fauteuil bleu océan en dévorant tous les bonbons de la maison.
Bis Bald…
Jeudi, sacré Jeudi.
Jour 95. Nous commençons à peiner malgré notre foi mutuelle dans cette dure épreuve. Les vivres s’amenuisent (Inspecteur J. à la cantine xD) et certains renoncent déjà à persévérer, mais nous savons que nous avons uniquement fini la première partie du test. Le plus dur reste à venir ! On combat le vent hurlant et le froid tétanisant jusqu’aux portes battantes du bâtiment 7, et puis, vaincu par le mauvais temps, on laisse nos prunelles flamboyer un doux instant avant de retourner trimer. On s’engouffre dans la plaie du mur pour écrire encore et encore sur les costumes, les décors, les lumières… Et comble du comble, voilà qu’il faut parler de musique ! Alors on déballe le grand jeu, Ravel, Haendel, Tchaïkovski, tout le monde y passe devant les regards médusés d’élèves catastrophés devant l’orthographe des noms des compositeurs. Oh après tout, les « initiaux » suffiront !
On se réfugie ensuite en permanence, le CDI étant devenu le havre de parias et on critique l’administration. On vole les journaux pour écrire dessus, on prétexte un travail d’allemand pour regarder des reprises satiriques d’Erlkönig et on regarde l’heure passer. Sous le coup de l’ennui, tel un Fantasio exaspéré, on gribouille des tableaux d’avancement et on jette un œil sur le cours de statistiques. On décide d’ignorer et de faire quelques plongeons dans la mare aux Canards. On examine la taille des pains de la cafétéria et on regrette de ne pas avoir été moins nombreux. On mange avec morosité, le regard perdu dans les nuages cotonneux.
On s’interroge sur l’importance des commémorations et on déclare qu’être allemand ne serait pas si mal. On rêve de Stuttgart et de Nürnberg, des cadeaux qu’on achètera, des lettres qu’on écrira. On s’ennuie déjà à l’idée de visiter le musée de Mercédès Benz et puis on regarde la pluie tomber. On se réfugie une fois de plus en permanence et entre deux moqueries pour Monsieur Sac Multicolore, on admire J. tenir en équilibre sur une chaise à une patte. On crayonne le front de C., dans le vain but d’y écrire « La Poste » et on chantonne de Led Zep’ à Soundgarden, en passant par Kiss. On est curieux et on retourne disserter sur l’infâme et horrible roi bedonnant de Bavière. On écrit donc, regardant avec horreur le dossier sur le conte philosophique qui nous nargue du bureau. Joyeux Noël en prévision !
On attend sous la pluie. On rentre et on sourit. Un nouveau message. On regarde la météo de demain d’un air anxieux et on fait ses bagages. On prépare tout, jusqu’aux chocolats de l’Avant et on prépare son portefeuille. On rêve de promenade, de banc et de vents frisquets. On rêve de demain.. Pourvu qu’il ne pleuve pas.
Leaves are falling all around
It's time I was on my way.
Thanks to you I'm much obliged
For such a pleasant stay.
But now it's time for me to go
The autumn moon lights my way.
For now I smell the rain
And with it pain
And it's headed my way.
Ah sometimes I grow so tired
But I know I've got one thing I got to do
Ramble On
And now's the time the time is now
To sing my song.
I'm goin' 'round the world,
I got to find my girl, on my way.
I've been this way ten years to the day, Ramble On,
Gotta find the queen of all my dreams.
Got no time to for spreadin' roots,
The time has come to be gone.
And tho' our health we drank a thousand times,
It's time to Ramble On.
Ramble On
And now's the time the time is now
To sing my song.
I'm goin' 'round the world,
I got to find my girl, on my way.
I've been this way ten years to the day, Ramble On,
Gotta find the queen of all my dreams.
I ain't tellin' no lie.
Mine's a tale that can't be told,
My freedom I hold dear;
How years ago in days of old
When magic filled the air,
T'was in the darkest depths of Mordor
I met a girl so fair,
But Gollum, and the evil one crept up
And slipped away with her.
Her, her.... Yea.
Ain't nothing I can do, no.
Ramble On
And now's the time the time is now
To sing my song.
I'm goin' 'round the world,
I got to find my girl, on my way.
I've been this way ten years to the day, Ramble On,
Gotta find the queen of all my dreams.
Ciel ! un fourmillement emplit l'espace noir,
On entend l'invisible errer et se mouvoir ;
Près de l'homme endormi tout vit dans les ténèbres.
Le crépuscule, plein de figures funèbres,
Soupire ; au fond des bois le daim passe en rêvant ;
A quelque être ignoré qui flotte dans le vent
La pervenche murmure à voix basse : je t'aime !
La clochette bourdonne auprès du chrysanthème
Et lui dit : paysan, qu'as-tu donc à dormir ?
Toute la plaine semble adorer et frémir ;
L'élégant peuplier vers le saule difforme
S'incline ; le buisson caresse l'antre ; l'orme
Au sarment frissonnant tend ses bras convulsifs ;
Les nymphaeas, pour plaire aux nénuphars pensifs,
Dressent hors du flot noir leurs blanches silhouettes ;
Et voici que partout, pêle-mêle, muettes,
S'éveillent, au milieu des joncs et des roseaux,
Regardant leur front pâle au bleu miroir des eaux,
Courbant leur tige, ouvrant leurs yeux, penchant leurs urnes,
Les roses des étangs, ces coquettes nocturnes ;
Des fleurs déesses font des lueurs dans la nuit,
Et, dans les prés, dans l'herbe où rampe un faible bruit,
Dans l'eau, dans la ruine informe et décrépite,
Tout un monde charmant et sinistre palpite.
C'est que là-haut, au fond du ciel mystérieux,
Dans le soir, vaguement splendide et glorieux,
Vénus rayonne, pure, ineffable et sacrée,
Et, vision, remplit d'amour l'ombre effarée.
« Vénus », Victor Hugo, Toute la Lyre
La pluie romantique...