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M'ennuyant terriblement, j'ai confisqué le trieur d'un certain L., qui s'affabulait de surnoms ridicules en faisant des grimaces dans le dos de son professeur. Mal lui en pis car ce fut là la cause du vol de son classeur, confisqué, puis examiné par son dit professeur, il trône actuellement encore salle des profs, mais cette fois avec une surprise, un devoir à rendre en Français, sur un poème, semble être corrigé, dans sa quasi-intégralité, de la main d'un authentique penseur, ancien adepte de la rime et de la métrique poétique.
Bien à vous.
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
« Le dormeur du Val », Arthur Rimbaud, Poésies
Octobre glorieux sourit à la nature.
On dirait que l'été ranime les buissons.
Un vent frais, que l'odeur des bois fanés sature,
Sur l'herbe et sur les eaux fait courir ses frissons.
Le nuage a semé les horizons moroses,
De ses flocons d'argent. Sur la marge des prés,
Les derniers fruits d'automne, aux reflets verts et roses,
Reluisent à travers les rameaux diaprés.
Forêt verte qui passe aux tons chauds de l'orange ;
Ruisseaux où tremble un ciel pareil au ciel vernal ;
Monts aux gradins baignés d'une lumière étrange.
Quel tableau ! Quel brillant paysage automnal !
À mi-côte, là-bas, la ferme ensoleillée,
Avec son toit pointu festonné de houblons,
Paraît toute rieuse et comme émerveillée
De ses éteules roux et de ses chaumes blonds.
Aux rayons dont sa vue oblique est éblouie,
L'aïeul sur le perron familier vient s'asseoir :
D'un regain de chaleur sa chair est réjouie,
Dans l'hiver du vieillard, il fait moins froid, moins noir.
Calme et doux, soupirant vers un lointain automne,
Il boit la vie avec l'air des champs et des bois,
Et cet étincelant renouveau qui l'étonne
Lui souffle au cœur l'amour des tendres autrefois.
De ses pieds délicats pressant l'escarpolette,
Un jeune enfant s'enivre au bercement rythmé,
Semblable en gentillesse à la fleur violette
Que l'arbuste balance au tiède vent de mai.
Près d'un vieux pont de bois écroulé sur la berge,
Une troupe enfantine au rire pur et clair,
Guette, sur les galets qu'un flot dormant submerge,
La sarcelle stridente et preste qui fend l'air.
Vers les puits dont la mousse a verdi la margelle,
Les lavandières vont avec les moissonneurs ;
Sous ce firmament pâle éclate de plus belle
Le charme printanier des couples ricaneurs.
Et tandis que bruit leur babillage tendre,
On les voit déroulant la chaîne de métal
Des treuils mouillés, descendre et monter et descendre
La seille d'où ruisselle une onde de cristal.
« Rayons d’Octobre », Nérée Beauchemin, Les Floraisons matutinales
Bonsoir ! Et bienvenue au cirque Vlampadoum !
Ce soir, messieurs-dames, le cirque et ses clowns son fiers de vous présenter :
- PetitPierre funambule, l’incroyable et talentueux jongleur de la route qui grille les priorités, loupe les stops, rentre dans les ronds-points en troisième vitesse, hurle, vitupère, sens le parfum, souris, retrouve ses marques, tourne le volant, chevauche la route, monte sur le trottoir, allume ses phares et met le Warning !
- PetitPierre clown en Sport, Philosophie et Allemand. Les petites crois seront au rendez-vous ladies and gentlemen.
- PetitPierre et la Bulle magique, dans l’interprétation de Learn The English, bosse ton Histoire ou le totalitarisme t’enverra en Enfer et In the Mole of the Physic.
- Et enfin, le clou du spectacle, PetitPierre rêvant.
Et amoureux… ღ
Quand je traverse
cette lieue
Qui nous sépare, au sein des nuits,
Ta patrie étoilée et bleue
Rayonne à mes yeux éblouis.
C'est l'heure où cent lampes en flammes
Brillent aux célestes plafonds ;
L'heure où les astres et les âmes
Échangent des regards profonds.
« Amour secret », Victor Hugo, Toute la Lyre
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !
« Il pleut dans mon cœur », Paul Verlaine, Romances sans paroles
Le ЅιІmαrιІІιοη, J.R.R. Tolkien
Disserter longuement sur la première œuvre post-mortem du célébrissime auteur de Fantasy anglo-saxonne serait une perte de temps, aussi vais-je abréger en ne vous citant que quelques passages qui ont su me toucher. Je voulais souligner le fait qu’au-delà de l’œuvre en elle-même et de l’acte d’écrire, Tolkien avait ici créé un monde, s’inspirant des théologies de notre propre univers, les retravaillant, repensant leurs imprécations et leurs structures afin de synthétiser un monde nouveau avec de nouvelles règles et une théogonie propre à Eä. Je tenais également, dans cette courte introduction, à remercier Ipiu et Elenwë, qui ont réussi à me redonner l’envie de dépoussiérer les pages déjà jaunies par le temps de ce que beaucoup considèrent comme le Diamant de l’œuvre tolkiennienne.
« Quand les Valar pénétrèrent dans Eä, ils furent en même temps surpris et désorientés, car il en était comme si rien encore n’existait de ce qu’ils avaient perçu dans la vision, comme si tout était sur le point d’advenir sans avoir nulle forme, et tout était ténèbres. Car la Grande Musique n’avait été que la naissance et l’épanouissement de l’esprit dans les Espaces Eternels, la Vision elle-même un présage, mais maintenant ils étaient arrivés au commencement du Temps et les Valar surent que le Monde n’avait été qu’Annonce et Prophétie qu’ils devaient désormais accomplir. »
Ainulindalë, J.R.R. Tolkien
« Ulmo est le Seigneur des Eaux. […] Quand les Enfants d’Eru l’apercevaient, ils étaient pris d’épouvante : l’apparition du Roi des Mers était terrible, telle une haute vague qui s’avancerait sur les terres, un heaume noir couronné d’écume et une cotte de mailles où l’argent ruisselle, moiré d’ombres vertes. Les trompettes de Manwë sont puissantes, mais la voix d’Ulmo est profonde comme les abîmes de l’océan qu’il est seul à contempler. »
« Sur les Valar », Silmarillion,
J.R.R. Tolkien
« Jadis il y eut Sauron le Maia, que les Sindar de Beleriand appelèrent Gorthaur. Au commencement d’Arda, Melkor le séduisit pour en faire son vassal et il devint le plus grand et le plus fidèle serviteur de l’Ennemi, et le plus dangereux, car il pouvait prendre maintes formes et il put longtemps apparaître à son gré si noble et si beau que seuls les plus méfiants n’en étaient pas trompés.
Quand le Thangorodrim fut mis en pièces et que Morgoth fut renversé, Sauron reprit son beau visage, jura obéissance à Eönwë, le héraut de Manwë, et abjura toutes ses mauvaises actions. Certains tiennent que ce ne fut pas mensongèrement, que Sauron avait réellement des remords, ne fût-ce que par peur, ayant été terrorisé par la chute de Morgoth et par l’immense colère des Seigneurs de l’Ouest. Mais Eönwë n’avait pas le pouvoir d’absoudre ses pairs, il ordonna à Sauron de rentrer au Pays d’Aman pour y subir le jugement de Manwë. Sauron fut humilié, ne voulut pas se présenter ainsi et se voir peut-être condamné par les Valar à une longue servitude en gage de sa bonne foi. Au départ d’Eönwë il se cacha sur les Terres du Milieu et retomba dans le mal tant les liens étaient solides dont Morgoth l’avait chargé. »
« Les Anneaux de Pouvoir et le Troisième Âge », Akallabeth, J.R.R. Tolkien
Jour 3. Le passage du Styx.
Réveil à 6h30. L’augure matinal de la radio. Quelles perdrix a-t-on encore dépouillé de ses intestins pour prédire la situation sociale ? Je ne sais pas, sûrement un oiseau malade pour qu’il amène tant de mauvais nouvelles. Assurément pas un de ces goélands vigoureux de la mer ! Espérons que le Canard ait su partir loin de ces contrées tristes, peut-être même s’enfuir dans le firmament étoilé. Je ne sais pas. Or donc, le trajet en bus. Retrouvailles du Lundi avec M. et N., rapides récits du Week-end et la matinée commençait. Par Philosophie, exactement. Fort bien, traitons de confiance, de devoirs, de religion. Autour d’un café et en salle des profs, voilà qui était une activité de plus amusantes. On s’est donc baladé, comme de braves petits écoliers se tenant la main. Il me semble avoir ouï des promesses d’Histoire, d’une Dame aux Cheveux de Feu parlant de dissertations en moins, si un écolier pieux et valeureux plaçait sa foi en une introduction qui déciderait de l’avenir de ses camarades. Au bûcher l’Hérétique.
Cerf-volant. Il y eut des dires de mathématiques. Des paroles insensées traitant de limites et de dérivées, auxquelles de graves voix ont répondu « Et c’est cela que l’on aura Samedi au Devoir Surveillé ? ». Pauvres petits. Ils sont inconscients. Voilà que la vilenie du monde des adultes se présente à leurs yeux. J. me manque énormément, le saviez-vous ? « Maintenant, oui. ». Oh je n’en doute pas. J’aurais aimé traité de tous ces sujets avec elle. Elle ne comprend pas que partir loin me rend triste, c’est dommage. Il reste encore les lettres. Peut-être qu’avec un peu de chance, demain verra une heure propice naître. J’aime écrire des lettres. C’est dingue ce que je peux parler de moi, tiens. Une crise d’ego ? Le retour à une adolescence ? La recrudescence des « Je veux » ? Je ne sais pas, ainsi soit-il car ce midi, il fallait manger à 11h30 et pas une minute de plus, tout cela pour séjourner outre-Manche et disserter sur le Bac de l’an passé. Un soupçon de lait avec votre 38,5/40 ? So bristish.
Il y eut tellement de choses aujourd’hui. Cet emploi du temps nous fait marcher. Quelques lycéens sportifs auraient pu se préparer au « trois fois cinq cents mètres » rien qu’à cavaler de couloirs en couloirs pour s’entendre dire « M’sieur, m’sieur, vous êtes en retard ! ». Pardi, c’est qu’ils ont de la répartie les bougres. Il y eut donc la Physique-Chimie, il me semble que cela parlait de son, d’endoscope. Et surtout d’une chaleur étouffante. Vous savez, c’est dur de penser à deux choses à la fois, ma mémoire me fait défaut. Ainsi donc les Matheux sont d’horribles tricheurs. On les a donc envoyés en Sciences Vie de la Terre, un étage en-dessous d’où leurs voies paraissaient vaguement lointaines. Madame B. s’est fait un plaisir de leur montrer oh combien elle haïssait l’informatique et ne savait pas s’en servir. Petite C. rirait de ses mots. Je n’en doute pas. Elenwë m’avait tant manqué, pendant toutes ces heures…
Je ne me souviens même pas de cette dernière heure, expédiée pour tous, puis du « crash » du portable. Magnifique. Je me suis évidemment paniqué, vous connaissez la procédure, dix jours coupé du monde. Je voyais mal aller voir des camarades des salles techniques et leur parler de ce problème en espérant de leur génie. Et voilà que ce soir, il faut encore travailler, remplir dossier, feuillets, jeter un œil à des notes, trouver des choses intéressantes à dire. Demain sera une journée plus tranquille. Seulement sept heures de cours. Sic.
The child and the old man sat alone
In the quiet, peaceful shade
Of the old green boughs, that had richly grown
In the deep, thick forest glade.
It was a soft and pleasant sound,
That rustling of the oak ;
And the gentle breeze played lightly round
As thus the fair boy spoke :
" Dear father, what can honor be,
Of which I hear men rave ?
Field, cell and cloister, land and sea,
The tempest and the grave :
It lives in all, 'tis sought in each,
'Tis never heard or seen:
Now tell me, father, I beseech,
What can this honor mean ? "
" It is a name - a name, my child -
It lived in other days,
When men were rude, their passions wild,
Their sport, thick battle-frays.
When, in armor bright, the warrior bold
Knelt to his lady's eyes:
Beneath the abbey pavement old
That warrior's dust now lies.
" The iron hearts of that old day
Have mouldered in the grave;
And chivalry has passed away,
With knights so true and brave;
The honor, which to them was life,
Throbs in no bosom now;
It only gilds the gambler's strife,
Or decks the worthless vow. "
« Squite Norton’s Song », Charles Dickens, The Poems and Verse of Charles Dickens
C’est la rentrée. Si, si. Je vous assure. Le temps de se rappeler que l’an passé a disparu derrière les collines. Le temps de refaire son sac, racheter stylos, cartouches, règles, compas, équerres, trousse, colle etc. N’oublions ni les crayons de couleurs, ni les copies qu’on ne cessera de vous demander toutes les deux minutes, dès qu’une carte en plein milieu de Devoir Surveillé apparaîtra ou qu’une interro’ plus surprise que la norme fera son apparition. Le temps de faire la liste des choses à faire, de ceux qu’on a perdu en route, de ceux qu’on a rencontré, des projets, des rêves et des espoirs. L’espoir est-il une limite ? Ou la limite est-elle la certitude ? Le nouveau débat du jour, semble-t-il.
Quoiqu’il en soit le fait de cet article était d’une nouvelle fois renouveler la liste de mes films préférés. Je ne m’arrêterai pas aux listes des 60’s/70’s/80’s. Ces dernières sont disponibles dans la rubrique Octobre à ceux qui auraient pour curiosité de connaître mes coups de cœur antiques pour ne pas dire archaïques. Seront affichés tous les films qui me reviennent en mémoire ou marque pour moi la naissance ou la mort d’une émotion, d’une valeur, d’un idéal. Seront affichés en gras ceux qui à l’instant savent encore percer mon cœur d’une épine de par leur beauté cinématographique et esthétique. Attention. Action, ça tourne !
A la Poursuite d’Octobre Rouge (1990), Les Cercle des Poètes disparus (1990), Retour vers le futur III (1990), Le Silence des Agneaux (1991), Croc Blanc (1991), Danse avec les loups (1992), Resevoir Dogs (1992), La Famille Adams (1992), Hook ou la revanche du Capitaine Crochet (1992), Unforgiven (1992), And Through runs a River (1993), Meurtre mystérieux à Manhattan (1993), Madame Doubtfire (1993), Schindler’s List (1993), Jurassic Park (1993), Forrest Gump (1994), Pulp Fiction (1994), Les Evadés (1994), Au Nom du Père (1994), Le Roi Lion (1994), Toy Story (1995), Apollo 13 (1995), Sur la route de Madisson (1995), Braveheart (1995), Men in Black (1996), Jumanji (1996), Michael Collins (1996), Rock (1996), Le Cinquième Elément (1996), James et la Pêche Géante (1996), Titanic (1997), Le Pic de Dante (1997), Will Hunting (1997), Jurassic Park II : Le Monde Perdu (1997), Saving Private Ryan (1998), La vie est belle (1998), La Menace Fantôme (1999), L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1999), Merlin (1999), La Ligne Rouge (1999), Rush Hour (1999), Haute Voltige (1999), Le Géant de Fer (1999), Start Little (1999).
Suite, demain ! (…)