Vagabondages poétiques
Après quatre jours d’hibernation, où comme l’a si bien dit A : « Nous avons tous un ours caché en nous. », on reprend la barre du voilier, sur le ponton d’un bâtiment poussé par les vents rigoureux de la fin de l’hiver ! Ainsi, l’âme encore joyeuse de ces rencontres fortuites mais extraordinaires, de ces discours appuyés sur l’importance de l’Allemand dans la construction de l’Union Européenne, de ces débats insensés sur l’Oulipo ou Georges Perrec et par le biais de l’omniprésence des « e » dans nos conversations, ils sont partout… Ils nous observent depuis si longtemps ! Oh que oui, cette soirée avait quelques brins de bonne humeur qui ont su raviver la flamme du foyer. Le feu crépite à nouveau, ronronnant dans l’âtre sombre.
Une semaine grandiloquente, qui ne tarit pas d’éloges, puisqu’après un lundi théâtral aux rires avinés et aux débauches zigzagantes, un à un les jours de la semaine se sont présentés avec les mêmes vêtements. « Grève et blocus ! » hurlaient-ils tous à l’unisson, brandissant caddies ou palettes de bois. « Allumez torches, brandissez fourches ! » aurait peut-être répondu d’une manière plus ou moins poétique un ogre vert, mais pour les lycéens de toute classe, il était évident que le chemin du retour pointait son nez, au bout de la route. Et une fois n’est pas coutume, mardi devient mercredi et mercredi devient jeudi. J. décide parler de politique, de proposer aux collégiens de faire grève à notre place, H. préfère rester au lit et F. et R. partent jouer à la Playstation toute la journée.
« Vous verrez ça sera très dur la 1ère S ! »
Un constat ? C’est également dans cet instant que l’on décèle les plus fous, ceux que la raison pour à mentir pour allez en cours, mais ne faisons pas de délation (E.D. devrait-elle se sentir visée ?) ou ceux qui prennent les cours à la carte, comme au restaurant. Foie gras pour moi, s’il vous plait, c’est repas de Noël jeudi. Bien sûr, personne n’a manqué l’admirable lettre, ou comme dirait C. l’incroyable missive qui, de la première fois de notre vie insouciante, nous proposait de ne pas aller à l’école. Et vous savez le meilleur dans tout cela ? C’était un courrier administratif du lycée ! (xD). Vendredi, quant à lui, s’est profilé comme un 0,9 % de présents, timide et restreint. Ils sont fous ces Mendèsiens.
On a donc joué à Tomb Raider, fait moult fois le trajet matinal, marché encore et encore, de la piscine au lycée, d’un lycée à l’autre, traversant les ponts comme en ce samedi de voyage, lors de notre arrivée à SHA ! On a pris la pluie, mais on a revu de vieux amis, on a parlé des chars rouges de 81, des vacances qui approchait, de la hausse du prix des cartes de Noël, de l’économie américaine, des publicités pour les Volvos – Qui ressemble aux publicités pour Bonux -, on a critiqué la presse et la télévision, la chanson française et le sport, on a mangé un délicieux saumon et admiré les beaux sapins, chargés de guirlandes et boules multicolores.
On a reçu des diplômes et des félicitations, souhaité plusieurs fois « un Joyeux Noël et une bonne année ! », on a sautillé devant tant de regards et rougi devant de si frêles baisers, on s’est mis à devenir nostalgique et on a écrit en Allemagne, on s’est concerté pour un éventuel retour et on a songé à tout avouer. On a fait d’agréables connaissances et on a imaginé ce que serait l’année prochaine, avant de refuser d’y penser. On a pérennisé l’idée d’une faculté franco-allemande et dressé ce vulgaire bout de papier, on a conté encore une fois les déboires du château de Nürnberg et on a songé à la fête de samedi ! C’est que... Maintenant que les vacances sont là, il faudra bien les occuper !
Et alors que 9h00 sonnaient à peine, voilà qu’un grand Poum nous a réveillé. On a du –tant bien que mal- se lever et déjeuner, préparer la salle, les chaises et les tables, organiser les affaires et acheter les dernières victuailles. A ce propos, le port de sac de pain sur 500m devrait devenir une discipline olympique ! C’est que ça muscle =D ! On a donc coupé, tartiné, beurré, débouché, ouvert, grogné, toussé, renversé, agité, scotché, punaisé, agrafé, plié... On a posé les manteaux et fait le butler, on s’est distingué et on a discuté, on a évoqué les années jeunesses, on a dessiné, servi, grignoté, on a proposé encore et encore les mêmes gâteaux qui ne partaient pas et on écouté des histoires qui nous ressemblaient, des épopées fantastiques qui nous ont fait sourire ou des souvenirs burlesques qu’on a assimilé aux grands classiques du cinéma français !
« Mais P. a joué dans la Grande Vadrouille ? » xD
Et fort de cette nouvelle bonne humeur, on a grignoté une seconde fois, dit au revoir à tout le monde, décidé de redonner un autre jour au CCCP, chantonné, écrit, rangé, regardé son portable dans la vaine attente d'une réponse et on s'est reposé. Après tout ce temps, retrouver l’encre de la plume de Vox était l’auréole d’une si courte journée !
* Tarentulla - Tchaïkovsky *