Marchombre dans l'âme.
Regarde les étoiles…
Une brise. Une douce brise estivale. L’air est soudain si frais alors qu’une lourde atmosphère s’imposait sur la colline. La pente est légère et l’herbe y pousse drument. Il y avait ce tilleul ombrageux qui semblait s’élancer vers l’azur comme si ses branches pouvaient crever les nuages. Ses rameaux jaillissaient vers le ciel de couleur ocre et dardaient sur l’horizon jaunissant un regard nostalgique. Et tu t’appuyais contre son tronc, les yeux fermés et la bouche crispée en une moue qui retroussait tes fossettes. Tu n’attendais rien ni personne. Tu te laissais bercer par les odeurs des vergers auxquels tu tournais le dos, tu te laissais emporter par le souffle du vent vers ces inconnus et, lorsque tu entrouvrais les paupières, de cotonneux titans des cieux venaient choir sur le Soleil qui s’éteignait au loin derrière les montagnes.
Regarde la, je la regarde aussi, tu sais…
Tes pieds battaient un rythme inconnu comme si une douce mélopée enchantait ton sommeil. Tes doigts s’agitaient lentement alors qu’une mèche de tes cheveux venait caresser ta joue. Tout semblait si loin, si différent. Quelques notes élancées teintèrent le calme comme si soudainement une couronne de pétales s’était déposée sur ta tête. Intuitivement, tu y passas ta main, dans l’espoir d’y retrouver quelques colchiques ou roses pas encore envolées. Le vent fit frissonner ton corps, caressant tes bras nus et doucement tu replias les genoux. La nuit arrivait. Un oiseau au loin chanta une derrière fois avant de se taire et de rejoindre son nid. Et toi, tu restais là à contempler cet horizon nocturne, à chercher une étoile. A la chercher.
Je t’attends…
Et puis soudainement, tu n’eus plus froid. Abaissant la tête, tu trouvas son épaule réconfortante sur laquelle tu t’étais si souvent épanchée. Il était là, il te regardait. Il n’attendait que de voir tes paupières s’ouvrir pour mieux admirer la prunelle de tes yeux. Tu te souvenais de son amour pour tes iris, de la magie qu’il mettait dans ses mots en parlant de toi. Il t’aimait, vois-tu. Il aurait donné tout ce qu’il pouvait pour passer cet instant avec toi. Regarder les étoiles, la chercher et la trouver. Il sourit et inconsciemment, comme si tu avais deviné, tu te mis à soupirer, inclinant encore plus la tête. Et toi, insouciante, tu le laissais espérer encore et encore. Il se mit à fredonner, à passer sa main sur ton front et dans tes cheveux sans dire un mot. Il tenait tant à toi.
Tu me manques, tu sais. Tu me manques.
Tu sentis son souffle se rapprocher de tes joues, puis de lèvres. Ce contact était frais et tu l’aimais. Tu savais que tu comptais plus que tout pour lui et ce baiser était l’apothéose de cette déclaration. Il n’osait pas. Il ne voulait pas te réveiller. Tes fossettes se détendirent et il t’embrasse d’un fugitif baiser. La bise se leva et l’air redevint chaud. Tu te sentais bien dans ses bras, emportée par tes rêves. Et lui, il attendait de voir tes yeux se poser sur lui, de te voir t’éveiller et lui dire que tu l’aimais aussi. Pourtant tu t’es endormie. Et lorsque le Soleil s’est levé, lorsque la douce lumière de l’aurore t’a fait quitter ton sommeil. Il n’était plus là, il n’y avait plus que sa veste sur tes épaules et le souvenir de son parfum qui te berçait. Il allait revenir, tu le savais…
« You were my only shining star »
Perrin Al’Tear
Comments
Merci... =)
*calîîîîn*