J'ai déjà parlé du garçon ici, et comme c'est bientôt Noël et qu'il sacrifie à la tradition tout anlo-saxonne du single de Xmas, alors voilà ... :))
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Tiersen aime la sonorité du toy piano pour ses compositions et les instruments plutôt acoustiques : violon, piano, guitare, accordéon ...
Voici "Comptine d'un autre été: L'après-midi" dans une interprétation assez particulière tout en électronique :
Elle ne chante pas très très juste, mais on lui pardonne, elle est si petite....
Elle chante Michael Jackson, mais on lui pardonne aussi, c'est la faute de ses parents, tout le monde ne peut pas écouter AqME ou Alice Cooper...
Mais elle y met tellement de conviction... de la graine de star, ça, Madame... la future Cindy Sanders à coup sûr.... :))
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En rentrant chez moi, hiver comme été, la première chose que je faisais, c'était de me déshabiller. Je détestais me sentir prisonnière de mes vêtements, tant physiquement, que pour le symbole qu'ils représentent. Dès l'entrée, j'envoyais voler les escarpins à talons haut. Dans le couloir, j'enlevais la veste et le chemisier. Arrivée dans la chambre, la jupe était dégrafée, je la laissais glisser le long de mes cuisses, tomber sur le sol et je l'enjambais, puis me baissais pour la récupérer. En collant et soutien-gorge, je prenais le temps de ranger les vêtements sur un cintre. Je m'asseyais sur le lit et j'enlevais d'un même geste slip et collant, puis soutien-gorge.
C'était au départ une attitude innocente, dictée seulement par le confort et l'envie de liberté.
Mais peu de temps auparavant, j'avais remarqué dans l'immeuble de bureaux qui faisait face à mon appartement, que le dernier étage ne restait pas allumé toute la nuit a giorno dans une débauche de néons comme pour les étages inférieurs, et j'en avais déduit qu'il devait s'agir d'un appartement, sans doute un appartement de fonction, à moins qu'il ne s'agisse d'une garçonnière pour le patron d'une des start-up de l'immeuble voisin.
A l'heure où je rentrais de mon travail, il n'y avait plus personne dans les bureaux, aussi n'avais-je jamais pris la peine de fermer mes rideaux ou de faire poser des persiennes. Mais je m'étais aperçue un jour que dès que j'arrivais chez moi, les lumières de l'appartement d'en face s'éteignaient, comme si son habitant ne voulait pas être remarqué en train de m'observer. Et pourtant, je pouvais parfois voir bouger son rideau, même lorsque la fenêtre fermée ne pouvait justifier un courant d'air. Et parfois aussi, un éclat lumineux brillait brièvement, comme le reflet d'un phare de voiture renvoyé par une lunette de jumelle. Et quand la lune était pleine, je distinguais nettement la haute silhouette d'un homme debout derrière le voilage, appuyé au contre-coeur de la fenêtre.
Et cela m'avait plu de me sentir et me savoir vue, observée, épiée. Je m'étais mise à attendre d'être arrivée dans ma chambre bien éclairée pour commencer à me déshabiller, en prenant mon temps et en ayant pris soin de remplacer les collants par des bas. Je m'asseyais sur une chaise, tendais une jambe et faisait glisser lentement le nylon sur la jambe, puis je recommençais avec l'autre, avant d'enlever ma culotte avec une lenteur étudiée. J'avais abandonné le port du soutien-gorge et déboutonnais tout aussi lentement mes chemisiers.
Quand je sortais de la salle de bain avec seulement une serviette éponge sur mes cheveux, dégoulinante et frissonnante, j'effectuais plusieurs va-et-vient jusqu'à la chambre, penchée et fouillant dans mes tiroirs, puis retournant vers la salle de bain, revenant chercher une autre culotte, un autre chemisier, il manquait toujours quelque chose.
Les nuits étaient chaudes, j'ouvrais ma fenêtre et fumais, nue, accoudée à la balconnière de fer forgé.
J'avais même réaménagé ma chambre et déplacé mon lit. Et quand j'essayais de m'endormir malgré la chaleur étouffante de cet été-là, je me couvrais d'un simple drap, et je m'imaginais que dans ses jumelles il voyait mes mains s'activer sous le tissu et qu'il était troublé quand je me raidissais dans un gémissement, et sans doute l'était-il car je l'avais surpris plus d'une fois, bien visible, éclairé en contre-jour par la lumière de son couloir dont il avait oublié de fermer la porte.
Au début du mois d'août, l'étage en vis à vis resta sombre plusieurs soirs de suite, et je pensais mon inconnu en vacances sur des rivages ensoleillés, mais un matin en partant travailler, un camion de déménagement était garé le long du trottoir d'en face. Et le soir venu, les fenêtres avaient perdu leurs rideaux et tout leur intérêt.
Je demandais dès le lendemain ma mutation dans une succursale à l'autre bout du pays. Je n'ai jamais su qui il était.